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Un tigre aux dents de sabre ! Quelques réflexions de philosophie éthique sur la possibilité de clonage des espèces disparues.

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Introduction. 

C’est après la lecture d’un dossier du Monde 2 intitulé La renaissance des mammouths[1] que le sujet de ma réflexion sur l’aspect éthique de la philosophie des techniques s’est imposé à moi. Ce que j[31]e considérais jusque-là comme de la science-fiction semblait pouvoir devenir réalisable dans la prochaine décennie. En parler restait difficile, car il fallait d’abord aborder la problématique du clonage sous tous ses aspects avant d’élaborer une réflexion sur les problèmes éthiques particuliers soulevés par la possibilité du clonage d’animaux ou d’être humains décédés mais aussi d’espèces animales, voire même d’espèces humaines, disparues. J’ai tenu pourtant à relever ce défi, dans les quelques pages qui me sont imparties, tant je crois important d’avoir une réflexion éthique sur un domaine aussi merveilleux qu’effrayant. Il est urgent d’y réfléchir car la biologie génétique, ce que l’on appelle la science du vivant, avance à grands pas. 

Première partie. Le clonage. Technique et éthique. 

1. Le clonage. Aspects techniques. 

« Le clonage est le moyen naturel ou artificiel par lequel s’accroît une population de cellules ou d’organismes vivants au départ d’une cellule ou d’un individu unique et sans que soient impliquées les caractéristiques de la reproduction sexuée, la production de gamètes complémentaires et leur fusion. »[2] Le clonage est donc un mode de reproduction. C’est ainsi que le premier clonage naturel remonte à l’apparition de la vie sur terre, il y a plus de trois milliards d’années. « Il s’agit bien du mode de reproduction le plus ancien : simple, sûr, mais réellement peu inventif en matière de diversité génétique. »[3] La reproduction sexuée, apparue il y a un milliard d’années, s’est ensuite largement répandue, mais il y a toujours des organismes qui se reproduisent naturellement par clonage. Les premiers travaux sur le clonage artificiel remontent à 1891 et tout au long du XXème siècle plusieurs techniques de clonage artificiel ont été expérimentées. Aujourd’hui, lorsque l’on parle de clonage, nous désignons le clonage artificiel. Je voudrais en exposer les aspects techniques avant d’aborder les problèmes éthiques qu’il soulève. Mais pour comprendre la technique du clonage artificiel, il faut d’abord nous rappeler quelques notions de cytologie et de génétique. 

1.1. Rappel de quelques notions de cytologie et de génétique. 

La cellule est l’unité de base de tous les organismes vivants. En son noyau se situent les chromosomes constitués d’ADN (acide désoxyribonucléique). Les gènes sont des portions d’ADN et chaque cellule contient la totalité du patrimoine génétique. « Les cellules se multiplient à l’identique par divisions successives. À chaque fois qu’une cellule se divise en deux, elle doit transférer du matériel génétique (l’ADN) dans chaque cellule naissante. »[4] Les cellules se différencient, c’est-à-dire qu’elles s’adaptent à une fonction particulière : Les cellules germinales (spermatozoïde, oocyte[5]) se spécialisent dans la reproduction ; les cellules somatiques s’organisent en tissus de cellules à fonction bien déterminée et constituent la peau, les organes, les muscles, etc. Dans la reproduction sexuée, l’oocyte et le spermatozoïde s’unissent pour former un embryon. L’information génétique est obtenue par un mécanisme complexe de division cellulaire : la méiose. « Elle permet, dans une première phase, un échange du matériel génétique entre les chromosomes au niveau de chacune des 23 paires : c’est la recombinaison génétique. Elle est suivie, dans une deuxième phase, d’une réduction de moitié du matériel génétique pour l’obtention de gamètes, ovocytes ou spermatozoïdes selon le cas. »[6] Il en résulte que la fécondation par le mélange aléatoire des chromosomes du père avec ceux de la mère donne un embryon qui est unique au plan génétique. 

1.2. La technique du clonage. 

Il existe deux types de clonage : le clonage embryonnaire et le clonage par transfert nucléaire.

 

1.2.1. Le clonage embryonnaire. Pendant les premières divisions cellulaires de l’embryon, les cellules sont encore totipotentes, c’est-à-dire qu’elles ont encore la possibilité de se développer en un embryon complet, ainsi « la technique consiste à séparer ces différentes cellules, à les cultiver le temps que s’effectuent différentes divisions, avant de les transplanter dans l’utérus de mères receveuses. On obtient ainsi autant d’embryons que de cellules transplantées. »[7] Une autre technique consiste à scinder le nouvel embryon en deux parties égales en créant ainsi, de manière artificielle, deux jumeaux monozygotes. Les techniques de clonages embryonnaires ont été les premières utilisées, sur des grenouilles, en 1952, puis sur des moutons, en 1979. Elles sont maintenant d’utilisation courante sur les bovins d’élevage.

 

1.2.2. Le clonage par transfert nucléaire. « Le clonage par transfert de noyau nécessite le recours à deux cellules : une cellule ‘donneuse de noyau’ et une cellule réceptrice –un ovule non fécondé prélevé peu après l’ovulation. »[8] Le principe est simple, mais la manipulation délicate : D’une part, on met en culture pendant quelques jours les premières cellules (les blastomères) d’un embryon obtenu par une reproduction sexuée, d’autre part, on prélève des oocytes non fécondés sur un animal de la même espèce puis on extrait leur noyau. Le transfert consiste alors à introduire le noyau d’un blastomère, voire même un blastomère entier, dans l’oocyte énucléé. Sous l’effet d’une stimulation électrique, les deux cellules fusionnent et déclenchent le développement embryonnaire. La première fusion de cellules embryonnaires avec des oocytes a été réussie en 1975 sur des lapins et le premier transfert réussi d’un noyau eut lieu en 1984. Cette technique utilisait jusque-là des cellules sexuelles, mais un progrès considérable a été réalisé lorsqu’on a pu utiliser des noyaux de cellules différenciées adultes. Cette prouesse technique a été réussie le 5 juillet 1996 avec la naissance de la brebis Dolly.

 

Le clonage de Dolly marque un tournant dans l’histoire scientifique. « Dolly est le premier mammifère clone d’un animal adulte : elle porte le patrimoine génétique de la brebis de six ans qui a fourni le noyau pour le transfert. Fabriquée en dehors de toute sexualité, Dolly est une copie (au niveau du génome) d’un animal déjà connu. »[9] Après cette réussite, d’autres mammifères furent clonés (des souris, des vaches, un cheval, un chien, un chat). Il était clair que chacun avait en tête que le clonage humain était possible. En 2007, des embryons de macaques sont obtenus par transfert nucléaire d’une cellule adulte, et, en 2008, cinq embryons humains sont obtenus par transfert nucléaire à partir de cellules de la peau de deux hommes adultes.[10]

1.3. Clonage thérapeutique et clonage reproductif. 

Avant d’aborder les questions éthiques soulevées par la technique du clonage et la perspective d’un clonage humain, il convient de préciser qu’il existe deux applications au clonage.

 

1.3.1. Le clonage thérapeutique. Il est utilisé pour le traitement de malades par des greffes de cellules bien acceptées. « Le clonage humain à finalité thérapeutique utilise les techniques du clonage (transfert du noyau d’une cellule somatique dans un ovule énucléé) dans le but de produire des lignées de cellules souches embryonnaires susceptibles d’être greffées sans provoquer de réactions de rejet. »[11] Cette technique nécessite des cellules fœtales engagées dans un processus de différenciation. Ces cellules souches embryonnaires sont prélevées après une interruption volontaire de grossesse. « L’idée est de disposer de populations de cellules souches au laboratoire et d’induire, grâce à un subtil mélange de facteurs de croissance dans le milieu de culture, leur différenciation vers le type cellulaire désiré. »[12] Les problèmes éthiques soulevés par le clonage thérapeutique portent essentiellement sur le statut de l’embryon, tant par la manière dont on se fournit en cellules souches (après une IVG ou avec les embryons surnuméraires d’une fécondation in vitro), que par le traitement qu’on lui fait subir. Le problème est en voie de résolution puisque des cellules souches adultes, donc différenciées, commencent à être utilisées. Je n’irai pas plus loin dans la description de ce procédé, ni dans la présentation des problèmes éthiques qui y sont liés, car c’est évidemment le clonage humain reproductif qui m’intéresse pour introduire le sujet que j’ai choisi de développer.

 

1.3.2. Le clonage reproductif. Il consiste en la production de quasi ‘doubles génétiques’[13]. « L’expression ‘clonage humain’ reproductif  désigne l’utilisation des techniques de clonage (plus précisément : le transfert nucléaire) avec pour fin de mettre au monde un enfant qui présenterait le même ADN nucléaire que l’individu sur lequel un noyau de cellule somatique a été prélevé. Elle ne vise généralement pas la division embryonnaire. »[14] Le clonage d’un être humain poserait un grand nombre de problèmes éthiques, comme nous allons le voir ci-après.

2. Le clonage humain reproductif. Problèmes éthiques. 

L’idée même de clonage ne laisse personne indifférent, peut-être parce que des idées reçues et de nombreux fantasmes y sont associés. « La confusion s’est installée entre une pratique courante de la biologie moderne et le fantasme de la forme la plus performante d’eugénisme que procurerait le clonage d’êtres humains en castes hiérarchisées. »[15] Si actuellement, le clonage d’un être humain est prohibé, des pratiques eugéniques incluant le clonage sont pratiquées dans le domaine de l’élevage et de l’agriculture.[16] Il n’empêche que le clonage humain est désormais du domaine du possible et qu’un laboratoire bravera, un jour ou l’autre, l’interdiction.

2.1. Le tabou. 

Les réactions, face à la possibilité d’un clonage humain reproductif, sont généralement très négatives. Peut-être parce qu’il y a derrière cette prouesse technique l’idée inconsciente que l’homme touche à un domaine qui lui est interdit et qui est réservé à Dieu : la création. Nous savons qu’aux origines l’homme archaïque se considère comme le gardien de l’ordre du cosmos. « La peur de l’imprévu assure la cohésion du groupe, la force des coutumes : ‘Nos ancêtres faisaient ainsi.’ (…) Ce qui s’est toujours fait, c’est ce qui doit se faire. La sécurité morale est à ce prix. »[17] La peur engendrée par le clonage humain est en fait une réaction ancestrale : on se méfie de ce qui pourrait modifier ce qui s’est toujours fait de la même manière, en l’occurrence la reproduction humaine. À cela vient s’ajouter l’idée que l’homme intervient dans un domaine qui est toujours apparu comme mystérieux et donc réservé à Dieu : l’apparition et la transmission de la vie. C’est un peu l’arbre de la connaissance dont il ne faut pas toucher le fruit sous peine de mort.[18] Sur cette réaction archaïque inconsciente vient s’étayer l’interdit religieux.

 

En dehors de ces réactions, le questionnement éthique repose sur des inquiétudes à propos de l’identité du clone, de son autonomie, du déterminisme supposé de son développement personnel, et de l’instrumentalisation dont il pourrait faire l’objet. Ces inquiétudes reposent sur des fantasmes. « Peut-on sérieusement affirmer et établir que toute forme de reproduction humaine par clonage entraîne nécessairement et intégralement l’instrumentalisation, la négation de l’altérité et l’objectivation d’autrui ? »[19]

2.2. L’identité. 

Le questionnement éthique en rapport avec l’identité du clone naît de la croyance populaire qu’un clone est une réplique exacte de la personne clonée. Ce fantasme a été alimenté par la littérature et le cinéma. En fait, rien n’est plus faux. D’abord, la totalité des gènes n’est pas transmise (cf. note de bas de page n°13) et cette idée ne tient pas compte de l’environnement du clone. En effet, « l’identité biologique est loin d’épuiser et même de constituer l’identité de l’individu en tant qu’être humain. Cette identité personnelle est psychologique, sociale, culturelle. Étant bien plus éloigné de l’autre que des jumeaux monozygotes, le clone aurait assez de latitude pour se constituer une identité personnelle propre. »[20]

2.3. L’instrumentalisation. 

Je laisse de côté les visions d’horreur comme la création de clones réservoirs d’organes, de clones esclaves sexuels, etc. Il faut bien donner matière aux romanciers.

 

Plus sérieusement, il faut admettre que n’importe quel enfant peut être l’objet d’une instrumentalisation plus ou moins inconsciente de ses parents. Je pense à l’enfant « réparateur » qui vient remplacer un enfant décédé, par exemple. Vraisemblablement, le clone n’échapperait pas ce type d’instrumentalisation possible de la part de son parent. « Ces instrumentalisations partielles et variées n’empêchent pas la reconnaissance simultanée de l’autonomie et du fait que l’enfant est aussi une finalité. On voit mal pourquoi il en irait autrement avec la reproduction par clonage. »[21]

2.4. Le déterminisme. 

« L’imprévisibilité de l’enfant est une caractéristique fondamentale de la procréation humaine, et un élément essentiel de sa relation avec les parents qui doivent l’accepter tel qu’il est (et non tel qu’ils auraient pu le souhaiter). »[22] Nous sommes habitués à cette grande loterie de l’hérédité et nous craignons que le clonage détermine un être qui perdrait ainsi sa liberté. C’est impossible. Premièrement, parce qu’il n’y a pas de réel déterminisme génétique, un clone n’étant pas une copie conforme, nous l’avons vu, et la part environnementale, éducationnelle, culturelle, psychologique, étant considérable. Deuxièmement, parce que le clone n’est pas obligé de suivre les choix, ou les erreurs, de son parent. On ne peut donc pas dire en connaissant le parent ce qu’il adviendra du clone.

2.5. Peurs et fantasmes. 

Nous venons de le constater, le refus du clonage humain reproductif repose sur un grand nombre d’idées reçues et de fantasmes. C’est que les découvertes scientifiques et techniques se succèdent rapidement, mais les mentalités évoluent plus lentement. Cependant, il y a une évolution qui est indéniable. « Les méthodes contraceptives efficaces, apparues dans les années 1960, se sont depuis généralisées et ont eu un effet important sur nos sociétés : condition de la femme, structure démographique… La fécondation in vitro, procédé inouï qui suscitait bien des oppositions lorsque apparut, en 1978, le premier bébé-éprouvette, s’est banalisée et est à l’origine de 1 à 2% des naissances dans les pays développés. Le clonage reproductif humain n’est-il qu’un pas de plus dans cette maîtrise croissante  de la procréation ? »[23]

 

Les bio-éthiciens sont partagés. Certains d’entre eux ont voulu cadenasser toute possibilité de clonage humain reproductif en condamnant cette technique de la manière la plus définitive. D’autres ont préféré recommander un interdit temporaire en attendant de réétudier la question plus tard. Attitude dogmatique, presque théocratique, d’une part. Attitude prudente et ouverte au débat, d’autre part.[24] Sur cette base, les pays les plus scientifiquement développés ont voulu légiférer en la matière.

2.6. Les législations. 

Je ne m’étendrai pas sur les lois encadrant le clonage thérapeutique : certains pays interdisent toute recherche sur les cellules souches embryonnaires et fœtales ; d’autres sont plus nuancés en permettant l’utilisation d’embryons surnuméraires ; certains pays, enfin, autorisent la recherche sur les cellules souches issues d’embryons de moins de 14 jours.[25] Je ne citerai comme exemple que
la Belgique qui s’est dotée, en 2003, d’une loi qui autorise le clonage non-reproductif par transfert nucléaire.

 

J’en viens aux lois concernant le clonage humain reproductif. C’est simple, tous les pays l’interdisent. La 53ème assemblée générale des Nations Unies a entériné le 9 décembre 1998, l’interdit énoncé par l’UNESCO l’année précédente. Elle qualifie le clonage humain reproductif d’offense à la dignité humaine.[26] En France, « le clonage reproductif est décrété ‘crime contre l’espèce humaine’ ; il est rigoureusement interdit et, en cas de transgression, puni de 30 ans de réclusion criminelle et d’une amende de 7,5 millions d’euros. »[27]

 

Les différentes législations sont loin de s’accorder en matière de clonage, le seul consensus sur lequel semblent se retrouver tous les États concerne le clonage humain reproductif. Cependant, personne n’est dupe. Un jour ou l’autre, un laboratoire permettra à un embryon humain cloné de se développer et ce sera la naissance du premier clone d’humain.

3. Conclusion de la première partie. 

Il était impossible de traiter du clonage d’espèces disparues sans aborder, au préalable, les techniques du clonage et tout le questionnement éthique qui s’y rapporte. Il ne faut pas y voir deux sujets différents : l’un est le prolongement de l’autre. Après avoir brièvement expliqué les aspects techniques du clonage, j’ai, dans cette première partie, essentiellement traité des problèmes éthiques soulevés par le clonage humain reproductif. Nous voici donc préparés à aborder la partie la plus spécifique, mais aussi la plus spéculative, de mon sujet.

Deuxième partie. Le clonage d’espèces disparues. 

1. De la fiction aux projets. 

Le film Jurassic Park[28], réalisé en 1993, a marqué pour longtemps l’imagination populaire. L’argument principal reposait sur l’idée que de l’ADN de plusieurs dinosaures retrouvé dans un moustique fossilisé depuis 65 millions d’années permettait à des scientifiques de cloner toute une série d’animaux de l’époque jurassique.

 

Ce qui n’était encore que de la science fiction au début de la dernière décennie, est davantage pris au sérieux aujourd’hui. Certes, il n’est pas question de dinosaures. Mais en 1997, le français Bernard Buigues découvrait un mammouth, en très bon état de conservation, dans le permafrost du nord de la Sibérie, près de Khatanga. Il le baptisa Jarkov. Ce fut le début d’une longue série de découvertes analogues. « C’est là que les paléo-généticiens du monde entier viendront prélever ce qu’ils convoitent tant : ces poils dont la kératine a conservé l’ADN et ces os dont la moelle est encore graisseuse. »[29] Pour la première fois, il apparaît que l’ADN de ces mammouths est suffisamment bien conservé pour que l’on soit capable d’en reconstituer les séquences. Le génome du mammouth sera donc bientôt décrypté. « Et si les chercheurs s’évertuent à décrypter son génome, c’est d’abord, expliquent-ils, pour y trouver, à la manière des archéologues, des informations sur l’histoire de l’animal, ses origines, ses particularités… Oui, mais : une fois le génome décrypté, rien n’empêche d’imaginer que l’on puisse l’utiliser pour modifier les informations génétiques d’un embryon d’éléphant –qui est très proche- pour créer un mammouth. »[30]

 

Pourquoi dès lors s’arrêter au mammouth ? D’autres espèces disparues pourraient être ressuscitées. Leur nombre est limité cependant, car il ne semble pas possible de retrouver de l’ADN utilisable au-delà de cent mille ans. Autrement dit, le retour du mammouth ne pourrait être accompagné que par des espèces que l’homo sapiens a connues. Ceci inclut l’autre espèce humaine présente il y a encore trente mille ans : Neandertal. Le génome complet de cet hominidé récent est sur le point d’être publié.[31] Notre cousin le plus proche pourrait être recréé. « Le reconstituer à partir d’embryons humains serait sans doute plus simple encore que de fabriquer un mammouth à partir d’un éléphant. »[32]

 

Science fiction ? Pas vraiment. Des scientifiques travaillent sur la possibilité de cloner des espèces en voie de disparition. Déjà en 2001, une compagnie privée a réussi à cloner un gaur par transfert nucléaire à partir d’une cellule adulte de gaur sur un oocyte de vache. Les mêmes projets sont envisagés sur le cheval de Przewalski et le rhinocéros de Sumatra.[33]

 

Quant aux espèces disparues, plusieurs pensent au mammouth, bien sûr, mais aussi au thylacine (le loup de Tasmanie) dont le dernier spécimen s’est éteint en 1937, mais pour lequel il nous reste un embryon conservé dans un bocal depuis 1866. Son ADN devrait être utilisable. Des manipulations génétiques pourraient nous permettre, par la suite, de ressusciter le dodo, le rhinocéros laineux, le mégalocéros, le paresseux géant et le tigre aux dents de sabre.

2. Les aspects techniques. 

Les clonages réussis jusqu’à ce jour ont été effectués à partir de cellules vivantes directement prélevées sur des animaux ou cultivées en laboratoire. Dans le cas d’espèces disparues, le matériel disponible ne serait plus une cellule vivante, mais des fragments d’ADN plus ou moins bien conservés. La recréation d’espèces disparues devrait faire appel à plusieurs techniques : le clonage reproductif par transfert nucléaire, la reprogrammation du noyau injecté, et la transgénèse.

2.1. Le clonage reproductif par transfert nucléaire. 

J’ai expliqué plus haut cette technique de clonage (cf. Première partie, § 1.2.2., p. 3), je n’y reviendrai pas. Bien sûr, dans le cas particulier d’espèces disparues, seul de l’ADN provenant de cellules différenciées serait disponible.

2.2. La reprogrammation. 

Cette technique, qui n’est encore ni bien comprise ni bien maîtrisée, est utilisée lorsque l’on ne dispose que de cellules déjà différenciées dans un animal adulte. Chaque cellule est programmée pour une fonction précise, « son ADN contient l’ensemble des gènes de l’animal, mais certains sont ‘allumés’, d’autres ‘éteints’ afin que cette cellule assure sa fonction particulière. Pour que le clonage réussisse, il faut que, après son injection dans un ovule, cet ADN se reprogramme, et que les gènes nécessaires au démarrage de l’embryon s’activent. »[34] Ce serait certaines protéines présentes dans l’ovule qui viendraient se fixer sur le noyau injecté, ce qui modifierait l’activité de ses gènes.

2.3. La transgénèse. 

La transgénèse est la modification du génome d’un organisme par l’introduction d’un fragment d’ADN dans son patrimoine génétique. Cette pratique est devenue courante et son application, très contestée par une partie du public, est connue sous le nom d’OGM (organismes génétiquement modifiés). « Cette appellation désigne des organismes vivants dans lesquels on a introduit de manière artificielle un gène étranger, appelé ‘gène d’intérêt’ ou ‘transgène’. Ce gène apporte à l’organisme une caractéristique nouvelle : par exemple, la résistance à un parasite. »[35] Cette technique est utilisée depuis 1983 dans l’agriculture. Mais les chercheurs n’en sont pas restés là. Deux veaux nés en 1998 aux Etats-Unis ont eu la particularité d’être à la fois clonés et transgéniques : « des chercheurs avaient introduit dans le patrimoine génétique de la cellule donneuse un gène étranger qui a été ensuite répliqué dans toutes les cellules embryonnaires des jeunes veaux. »[36] Le but des chercheurs était de voir si certaines substances utiles à l’homme pouvaient se retrouver directement dans le lait de vache.

2.4. Le bricolage de l’ADN abîmé. 

L’ADN est une molécule solide que l’on retrouve dans des fossiles vieux de plusieurs dizaines de milliers d’années. Mais on ne dispose alors que de petits fragments (quelques dizaines ou quelques centaines de nucléotides[37]. On vient de mettre au point un procédé qui permet d’en faire des copies lisibles. Mais il faut combler les manques et pour cela utiliser l’ADN d’une espèce vivante très voisine de l’espèce disparue. C’est la raison pour laquelle le clonage d’un dinosaure, par exemple, serait impossible puisqu’il n’existe pas d’espèce vivante proche. Mais le clonage d’espèces récemment disparues est concevable. C’est cependant au prix d’une sorte de bricolage de l’ADN qui est forcément très aléatoire.

2.5. Et si c’était vraiment réalisable ? 

L’idée d’une résurrection d’espèces disparues par la technique du clonage semble encore impossible à certains scientifiques. Un médecin biologiste spécialiste de la reproduction affirme : « L’emploi d’une cellule morte ou d’un brin d’ADN est voué à l’échec. Malgré leur bon état de conservation par le froid, les mammouths sibériens n’en sont pas moins morts et aucune de leurs cellules ne sauraient être ramenées à la vie. »[38] Tous les spécialistes ne sont pourtant pas de cet avis. Des paléo-généticiens, comme Régis Debruyne ou Catherine Hänni ne mettent pas en doute qu’une telle prouesse soit possible très prochainement. Il est urgent de lui créer un cadre légal : « Les verrous technologiques ne cessent de sauter au fil des années. Cela fait dix ans qu’on dit qu’il faut en parler, pour ne pas nous retrouver devant le fait accompli sans savoir ni quoi dire ni quoi faire. Si on peut cloner le mammouth demain, on pourra cloner Neandertal après-demain, et les morts dans les cimetières dans la foulée… Jusqu’ici la bioéthique a beaucoup légiféré sur le clonage du vivant, mais il n’y a pas de réponses pour le clonage d’êtres disparus. »[39]

3. Les problèmes éthiques posés par le clonage d’espèces disparues. 

J’ai abordé plus haut le questionnement éthique soulevé par le clonage reproductif (cf. Première partie, § 2., pp. 5-7). Seulement, et la différence est de taille, il n’y était question que du clonage humain reproductif. C’est évidemment de cette question que les bio-éthiciens se sont avant tout préoccupés. Le législateur s’est également inquiété de la possibilité de clonage humain, mais jusqu’à présent aucune loi n’encadre le clonage animal et a fortiori le clonage des espèces disparues.

 

Avons-nous le droit de cloner ou de manipuler génétiquement des animaux ? Avons-nous le droit de ressusciter des espèces animales disparues ? Est-il raisonnable de contrarier la sélection naturelle qui est la cause de leur disparition ?

 

Depuis une trentaine d’années, la notion d’éthique animale est apparue dans le milieu philosophique anglo-saxon. Il s’agit de l’étude du statut moral des animaux et donc de la responsabilité des hommes à leur égard. Entre l’homme et l’animal, il n’y a pas de différence de nature, mais une différence de degré sur un même continuum. En effet, « ce que montre la science un peu plus chaque jour est qu’il n’y a pas d’un côté l’homme et de l’autre l’animal, mais seulement un animal humain et des animaux non humains. »[40] Les questions éthiques soulevées par le clonage humain devraient donc également pouvoir être posées au sujet du clonage animal. Par ailleurs, le clonage d’espèces disparues ajoute aux questions éthiques des questions environnementales tout aussi préoccupantes.

3.1. Le clonage de sauvegarde et le clonage de réparation. 

Selon l’IUCN (International Union for Conservation of Nature), 1141 espèces sur les 5487 mammifères de la planète sont menacées d’extinction.[41] S’il est normal que des espèces disparaissent de temps à autre, on assiste ici à une véritable érosion de la biodiversité dont la cause la plus importante est l’homme, par la destruction des habitats naturels, l’introduction d’espèces envahissantes dans les écosystèmes, la chasse et la pêche excessives ainsi que la pollution. Avec la technique du clonage, l’homme pourrait avoir la possibilité d’inverser cette tendance. Il y a donc une volonté de sauvegarde des espèces les plus menacée et une idée de réparation d’un mal dont l’homme est responsable.

 

Il faut cependant se poser quelques questions : Quelle serait la qualité de l’existence d’un groupe d’animaux dont l’espèce, disparue depuis longtemps, aurait été recréée par clonage ? Quelle serait sa niche écologique dans un écosystème où il a perdu sa place ? Ces animaux seraient-ils réduits à être des phénomènes visibles dans un parc animalier ? Que pouvons-nous savoir de la place qu’ils prendraient dans l’écosystème ? Prenons l’exemple du mammouth, gigantesque mammifère des époques glaciaires. Recréer son espèce, pour la faire vivre aujourd’hui, ce serait une hérésie biologique.

 

Voilà pour ce qui concerne l’environnement. Mais qu’en est-il des questions éthiques ? Lorsqu’on voit comment l’homme dispose des animaux à sa guise, et sans égards pour eux, peut-on imaginer ce qu’il en serait d’un cheptel créé de toutes pièces ? Imaginons que l’homme ait repeuplé une partie de la toundra avec des mammouths. Est-il inconcevable qu’il se mette à consommer sa viande ?

3.2. Le cas de Neandertal. 

Nous disposerons très prochainement du génome complet de notre cousin Neandertal, dont l’espèce s’est éteinte il y a environ vingt-huit mille ans. Notre ancêtre, Homo Sapiens, et lui se sont côtoyés pendant plus de dix mille ans en Europe. Il n’y a donc pas si longtemps, notre planète comptait deux espèces humaines.[42] Quand je pense à la manière dont nous avons traité les plus faibles des peuples de notre espèce (esclavage des Africains, génocide des Amérindiens, etc.), je ne peux qu’être effrayé en pensant à la manière dont nous traiterions une autre espèce humaine. D’ailleurs, il y a tout lieu de penser que notre ancêtre Homo Sapiens est à l’origine de la disparition de Neandertal.

 

Imaginons que nous puissions cloner Neandertal. Quel serait son statut ? Serait-il considéré comme un être humain à part entière, ou bien comme un primate sur lequel on se donne le droit de faire des expériences ? « Tant qu’il s’agit de clonage d’animaux, cela ne me pose pas de problème. Ma limite personnelle, c’est Neandertal, » déclare l’archéozoologue Marylène Patou-Mathis[43] Mais tout le monde serait-il d’accord pour classer Neandertal parmi les humains ?

3.3. Conclusion. 

Le continuum entre hommes et animaux, dont je parlais plus haut, est encore loin d’être accepté par tous. Pourtant, la théorie de Darwin devrait nous ramener à nos justes dimensions. « L’évolutionnisme a sapé la construction de Descartes plus efficacement qu’aucune critique métaphysique n’avait réussi à le faire. Dans l’indignation bruyante qui s’est élevée contre l’atteinte à la dignité de l’homme par la doctrine de son origine animale, on n’a pas vu qu’en vertu du même principe c’était la totalité du monde vivant qui recevait quelque chose de la dignité de l’homme. Si l’homme est apparenté aux animaux, les animaux sont à leur tour apparentés à l’homme, et donc, par degrés, porteurs de cette intériorité, dont l’homme, le plus avancé de leur règne, est intimement conscient. »[44]

 

Et justement, si nous partageons cette dignité humaine avec les animaux non humains, ne devrions-nous pas leur étendre la prudence qui caractérise notre attitude face au clonage reproductif ? Devant la possibilité de pouvoir réaliser, d’ici quelques années, le clonage d’espèces disparues, ne devrions-nous pas appliquer le principe responsabilité cher à Hans Jonas ?

 

Attendre, donc. Mais pourquoi ? Parce que les découvertes technico-scientifiques de la biologie et de la génétique se succèdent trop rapidement à un rythme tel que nous n’avons pas le temps d’assimiler les nouveaux pouvoirs qu’elles donnent à l’homme. Nous risquons de jouer les apprentis sorciers à l’image du héros de Mary Shelley dont la créature se retourna contre lui. Plus que jamais, en matière de possibilité de clonage d’espèces disparues, l’heuristique de la peur prônée par Hans Jonas s’impose.

Bibliographie 

CARPENTIER Laurent, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, numéro 268, supplément hebdomadaire du journal Le Monde numéro 19966, Paris, 4 avril 2009, pp. 20-27.

 

DEBRUYNE Régis et BARRIEL Véronique, Évolution biologique et ADN ancien, in Médecine/Sciences, Volume 22, n°5, Sèvres, EDK Éditions, mai 2006.

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ROBERT Odile, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, Paris, Larousse, 2008.

 


[1]Laurent CARPENTIER, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, numéro 268, supplément hebdomadaire du journal Le Monde numéro 19966, Paris, 4 avril 2009, pp. 20-27. [2]Henri ALEXANDRE, Clonage, in Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, Bruxelles, De Boeck Université, 2001, p. 183.

  [3]Jacques MONTAGUT, Le clonage, Paris, Le cavalier Bleu [coll. Idées reçues], 2008, p. 21.

 [4]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, Paris, Larousse, 2008, p. 19.

 [5]J’utiliserai le terme oocyte mais les synonymes : ovocyte ou ovule, peuvent se trouver dans des passages cités. 

[6]Jacques MONTAGUT, Le clonage, op. cit., p. 17. 

[7]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, op. cit., p. 64. 

[8]Ibidem, p. 66. 

[9]Ibidem, p. 67. 

[10] Jacques MONTAGUT, Le clonage, op. cit., p.25. cf. Andrew J. FRENCH et al., Development of Human cloned Blastocysts Following Somatic Cell Nuclear Transfer (SCNT) with Adult Fibroblasts, in Stem Cells, 17 janvier 2008, en ligne sur http://stemcells.alphamedpress.org/cgi/content/abstract/2007-0252v1. 

[11]Gilbert HOTTOIS, Clonage humain thérapeutique, in Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, op. cit., p. 189. 

[12]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, op. cit., p. 104. 

[13]Un clone n’est pas une réplique parfaite, puisqu’il ne partage avec son donneur que l’ADN nucléaire et pas l’ADN mitochondrial, les mitochondries se trouvant dans le cytoplasme. 

[14]Gilbert HOTTOIS, Clonage humain reproductif, in Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, op. cit., p. 184. 

[15]Henri ALEXANDRE, Clonage, in Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, op. cit., p. 183. 

[16]Ibidem, p. 184. 

[17] Jeannine ORGOGOZO-FACQ, Initiation à l’histoire des religions, Croissy-Beaubourg, Dervy, 1991, p. 33.

[18] Genèse 2, 16-17.

[19]Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, op. cit., p. 185. 

[20] Ibidem, p. 186.

[21]Ibidem, p. 187. 

[22]Bertrand JORDAN, Le clonage, fantasmes et réalité, Toulouse, Éditions Milan [coll. Les essentiels], 2004, p. 51. 

[23] Ibidem, p. 50. 

[24] Cf. Gilbert HOTTOIS et Jean-Noël MISSA, Nouvelle encyclopédie de bioéthique, op. cit., p. 188. 

[25]C’est-à-dire avant l’apparition de ce qui sera l’ébauche d’une moelle épinière. 

[26]Jacques MONTAGUT, Le clonage, op. cit., p. 111. 

[27]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, op. cit., p. 117. 

[28]Le film de Steven Spielberg, Jurassic Park, s’inspire du roman éponyme de Michael Crichton publié en 1990. 

[29]Laurent CARPENTIER, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, op. cit., p. 22. 

[30]Idem

Jean-Luc GOUDET, Le génome de Neandertal en passe d’être sequencé, in Futura-Sciences, 23 novembre 2006, en ligne sur http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/recherche/d/le-genome-de-neandertal-en-passe-detre-sequence_9985/#connexe. 

[32]Laurent CARPENTIER, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, op. cit., p. 24. 

[33]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, op. cit., p. 80. 

[34]Bertrand JORDAN, Le clonage, fantasmes et réalité, op. cit., pp. 26-27. 

[35]Odile ROBERT, Clonage et OGM. Quels risques, quels espoirs ?, op. cit., p. 48. 

[36]Ibidem, p. 75. 

[37]C’est l’alignement des nucléotides qui définit le message que contiennent les gènes. 

[38]Jacques MONTAGUT, Le clonage, op. cit., p. 57. 

[39]Catherine HÄNNI in Laurent CARPENTIER, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, numéro 268, supplément hebdomadaire du journal Le Monde numéro 19966, Paris, 4 avril 2009, pp. 25. 

[40] JEANGÈNE VILMER Jean-Baptiste, Éthique animale, Paris, Presses Universitaires de France, [coll. Éthique et philosophie morale], 2008, p. 13. 

[41] http://www.uicn.org/

[42] http://www.hominides.com

[43]Marylène PATOU-MATHIS in Laurent CARPENTIER, La renaissance des mammouths, in Le Monde 2, numéro 268, supplément hebdomadaire du journal Le Monde numéro 19966, Paris, 4 avril 2009, pp. 24. 

[44]Hans JONAS, Évolution et liberté, Paris, Payot & Rivages [coll. Bibliothèque Rivages], 2000, pp. 33-34. 



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